
La surcharge de travail et le stress quotidien pèsent lourdement sur les épaules des personnes à l’emploi du Québec, comme le révèle un récent sondage de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), réalisé par Léger. Les conséquences d’un rythme de vie effréné sont de plus en plus importantes, menaçant non seulement la santé et le bien-être des travailleurs, mais également leur performance globale.
Les chiffres sont alarmants : aujourd’hui, plus du tiers de la population active se dit à risque d’épuisement professionnel si elle maintient le même rythme. Derrière cette statistique, ce sont des milliers de personnes — collègues, amis, membres de la famille — qui vivent un mal-être. Il s’agit d’un avertissement clair : nos modèles de travail mettent en péril la santé mentale d’un nombre important de Québécois qui ressentent un malaise face à eux.
Le stress est devenu un état quotidien pour plusieurs personnes. Près de 40 % des Québécois affirment être fréquemment stressés par leur rythme de vie, une proportion qui grimpe à plus de 50 % chez les adultes de 18 à 54 ans et les parents.
La frontière entre la vie professionnelle et personnelle est de plus en plus floue. C’est près du tiers des travailleurs qui admettent avoir du mal à faire une coupure entre les deux. Les statistiques sont révélatrices parmi les personnes à l’emploi :
- 4 sur 5 continuent de penser à leur travail et leurs tâches une fois leur journée terminée ;
- 3 sur 5 regardent ou répondent à leurs appels, courriels ou messages textes de travail en dehors du travail ;
- Environ la moitié des personnes n’est en mesure de prendre que peu ou aucun temps pour elles.
La majorité des Québécois est convaincue que ralentir le rythme améliorerait leur santé mentale et physique. Pourtant, d’importants obstacles organisationnels et sociétaux entravent encore ce changement : les exigences professionnelles, la charge de travail ou mentale élevée, les normes sociales valorisant la surproductivité et la haute performance, ainsi que les responsabilités familiales en sont quelques exemples.
L’initiative Ralentir de l’ASPQ propose une alternative prometteuse. Son objectif : dénormaliser la vitesse et la haute performance, en démontrant que ralentir le rythme bénéficie non seulement à la santé et au bien-être, mais aussi à la productivité et à l’environnement. Il est plus urgent que jamais pour les entreprises d’agir pour soutenir le rythme de vie de leur personnel. Dans cette optique, l’ASPQ met à disposition des gestionnaires des outils et ressources pour la mise en place de mesures qui vont dans ce sens.
Un rythme de vie équilibré ne devrait pas être un luxe, mais une nécessité pour garantir une main-d’œuvre en bonne santé et véritablement productive. Prenez soin de vos employés, ils vous le rendront !
Amélie Côté-Lévesque est chargée de dossiers à l’Association pour la santé publique du Québec