
De plus en plus remis en question, le changement d’heure deux fois par année nuit davantage à la productivité des travailleurs que l’on pourrait le penser, selon une étude de l’Université de l’Oregon.
Le passage à l’heure d’hiver en novembre, ainsi que le passage à l’heure d’été en mars, entraînerait une perte de productivité des travailleurs pendant aussi longtemps que deux semaines, ont constaté les économistes du travail Glen Waddell et Andrew Dickinson.
« Il ressort clairement d’une analyse horaire que la croyance en une baisse de productivité d’un ou deux jours ne tient pas compte de l’ensemble des coûts économiques, personnels ou sociaux potentiels induits par l’heure d’été », peut-on lire dans leur rapport de recherche publié dans le Journal of Economic Behavior & Organization. L’étude a été menée auprès de 174 000 personnes entre 2013 et 2019.
Dans les deux semaines qui suivent le passage à l’heure d’été, les chercheurs ont constaté une baisse significative de l’activité des travailleurs pendant les premières heures de travail de la journée, soit entre 8 h et 10 h. « Le fait que les mesures quotidiennes de la productivité montrent des baisses significatives sur une période aussi courte suggère que les heures matinales moins productives sont en quelque sorte compensées par des augmentations d’activité ailleurs dans la journée de travail », indique Glen Waddell.
Pour rattraper leur faible productivité matinale, les travailleurs sont essentiellement forcés d’augmenter le rythme plus tard en journée. Cette hausse de l’activité n’est toutefois pas concentrée dans des plages horaires particulières, ce qui suggère que les travailleurs n’ont pas de stratégie commune pour faire face à la baisse de la productivité induite par le changement d’heure.
Selon un rapport précédent de Sleep Country Canada, un Canadien sur deux a vu son horaire de sommeil perturbé par le passage à l’heure d’été, ce qui a provoqué du stress, de la confusion et des erreurs stupides.
Il ressort d’une consultation publique menée l’automne dernier par le gouvernement du Québec que 91 % des répondants souhaitent cesser le changement d’heure. La majorité d’entre eux (72 %) souhaitent que l’heure d’été soit conservée tout au long de l’année.