Les travailleurs québécois qui ont des responsabilités familiales à titre de parents ou de proches aidants sont plus nombreux que jamais à constater l’importance des mesures de conciliation travail-famille sur leur motivation et leur satisfaction au travail, selon un sondage Léger commandé par l’organisme Concilivi.

Dans l’ensemble, 89 % des quelque 3 000 personnes interrogées ont indiqué que l’ouverture de leur employeur à l’égard de la conciliation travail-famille avait un impact important sur leur motivation au travail, un résultat en hausse de quatre points par rapport à un sondage similaire réalisé au mai 2020, soit au moment de la première vague de la pandémie. De même, 90 % ont mentionné un impact important sur leur satisfaction au travail (en hausse de trois points), tandis que 85 % soulignent un impact important sur leur propension à rester plus longtemps à l’emploi de l’entreprise (en hausse de cinq points).

Les employeurs au rendez-vous

Les employeurs sont d’ailleurs de plus en plus ouverts à offrir des conditions de travail flexibles à leur personnel. Ainsi, 71 % des personnes sondées évaluent positivement la culture d’entreprise de leur employeur, qu’ils considèrent très ou plutôt favorable à la conciliation travail-famille. De plus, 66 % disent arriver à concilier travail et famille très ou plutôt facilement, et 62 % affirment que les mesures de conciliation travail-famille offertes par leur employeur sont suffisantes compte tenu de leurs besoins.

Le sondage démontre d’ailleurs que les mesures de conciliation se classent au deuxième rang des critères de choix d’un emploi, tout juste derrière le salaire et les avantages sociaux.

Le prochain défi des employeurs sera de formaliser les différentes mesures offertes aux employés. En effet, seulement 44 % des travailleurs indiquent que les mesures de conciliation travail-famille qui leur sont proposées sont clairement définies, écrites et diffusées à tout le personnel. À cet égard, 84 % des employés indiquent trouver important que les mesures qui leur sont proposées soient formalisées, un résultat supérieur par cinq points de pourcentage au sondage de mai 2020.

La fatigue s’installe

Malgré les efforts des employeurs, le sondage révèle que la moitié des parents et proches aidants (49 %), depuis le début de la pandémie, ont remarqué être plus souvent trop fatigués pour participer à des activités familiales ou s’acquitter de leurs responsabilités familiales lorsqu’ils terminent leur journée de travail.

Par ailleurs, plus du tiers des personnes interrogées ont indiqué devoir plus souvent modifier leurs projets familiaux en raison de l’intensification des exigences liées à leur travail (35 %), se sentir si vidés émotionnellement lorsqu’ils rentrent du travail qu’ils ne peuvent participer aux activités familiales (35 %), ou encore, que les exigences liées à leur travail font qu’il est plus difficile pour eux d’assumer leurs responsabilités familiales (34 %).

« Ces résultats sont préoccupants, car ils démontrent que l’équilibre famille-travail est rompu pour plus d’un travailleur sur trois qui exerce des responsabilités familiales. Il faut y voir un signal clair de la nécessité d’adapter les mesures de conciliation famille-travail aux nouvelles réalités du travail », soutient Corinne Vachon Croteau, responsable du Sceau Concilivi au Réseau pour un Québec Famille.