Les médicaments dont le coût annuel atteint les six chiffres continuent de contribuer fortement à la croissance des coûts liés aux médicaments dans les régimes d’assurance collective, révèle le bulletin de santé Points de repère de Beneva.

Ce nouveau bulletin, qui sera publié annuellement par l’assureur, note par exemple que les prestations versées pour les médicaments coûtant 100 000 $ et plus ont augmenté de 34 % au cours des trois dernières années. Dans 80 % des cas, cette hausse provient de médicaments innovants récemment mis en marché au pays. Parmi eux, Trikafta, un médicament révolutionnaire pour la fibrose kystique qui peut coûter plus de 300 000 $ par patient par an.

Pendant la même période, la croissance des coûts pour l’ensemble des médicaments couverts par les régimes a été de 7,5 %, ce qui signifie qu’une grande part de la croissance des dépenses en médicaments sur ordonnance provient des médicaments de spécialité coûteux.

Au cours des dernières décennies, le montant total des prestations pharmaceutiques versées aux dix plus grands réclamants chez Beneva a été multiplié par 25. Si une telle tendance pose des défis importants pour les régimes d’assurance collective, l’assureur souligne qu’elle représente aussi une avancée majeure pour les individus atteints de maladies rares, qui ont maintenant accès à des options de traitement qui améliorent grandement leur qualité de vie.

Par ailleurs, Beneva a constaté une forte croissance des réclamations pour le traitement de l’obésité depuis l’arrivée de Wegovy au Canada en mai dernier.

Pour mieux contrôler les coûts, l’assureur réitère l’importance des programmes d’autorisation préalable, des mesures de prévention en matière de fraudes et de la transition obligatoire vers les médicaments biosimilaires.

Migraine, TDAH et soins dentaires

Les promoteurs de régimes d’avantages sociaux devraient également garder à l’œil les progrès concernant les traitements préventifs de la migraine, peut-on lire dans le bulletin. De nouveaux médicaments permettent en effet de réduire la fréquence des épisodes et les coûts des traitements d’urgence. Ces nouvelles molécules peuvent toutefois se révéler plus coûteuses, entraînant une hausse du montant moyen des demandes de remboursement par assuré.

À court terme, les coûts supplémentaires associés à ces médicaments pourraient nécessiter des ajustements de primes et de cotisation, alors qu’à plus long terme, les assureurs devront s’assurer d’évaluer l’efficacité de ces traitements par rapport aux options existantes, notamment en matière de réduction des absences et d’amélioration de la qualité de vie.

Autre tendance récente : les adultes sont désormais les principaux consommateurs de médicaments pour le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. D’une part, les Canadiens diagnostiqués dans leur jeunesse atteignent l’âge adulte, et d’autre part, de plus en plus de parents sont diagnostiqués en même temps que leurs enfants.

Enfin, alors que l’écart entre la hausse des coûts des soins dentaires recommandés par les guides de tarifs provinciaux et le pouvoir d’achat des Canadiens s’est accentué dans les dernières années, Beneva propose de faire preuve de plus de souplesse dans les régimes en mettant en place des options de protection plus personnalisées selon les besoins et le budget des participants.