
La Caisse de dépôt et placement du Québec doit devenir une organisation avec une véritable perspective mondiale, a affirmé son président Michael Sabia lors d’un déjeuner-causerie du Conseil des relations internationales de Montréal.
Selon M. Sabia, « le monde nous offre des occasions formidables et l’on doit être capable de les saisir ».
La stratégie se décline en quatre points : renforcer l’expertise, intensifier la présence sur les terrains choisis, établir un réseau de partenaires et être « stratégique » dans les placements.
Avec certains marchés déjà dans la ligne de mire, la Caisse compte ouvrir des bureaux dans les villes de Washington, de Mexico, de Singapour, de Mumbai et de Sydney.
« Il y a beaucoup de raisons d’être présent sur le terrain, dont celle de permettre à nos gens qui seront affectés à ces postes de s’imprégner de la culture d’affaires de ces régions », explique M. Sabia.
L’expansion devrait se traduire par des coûts oscillant entre 40 et 50 millions de dollars ainsi que par des embauches, qui ne devraient toutefois pas être «massives».
Le Québec toujours important
Michael Sabia a tenu d’insister qu’une stratégie d’ouverture vers le monde n’implique pas de délaisser le Québec.
En effet, le défi, selon lui, consiste à « internationaliser l’économie québécoise ». Le rôle de la Caisse serait alors de mettre à profit son expertise mondiale et d’intensifier ses efforts pour renforcer la culture entrepreneuriale de la province.
« Nous allons continuer à chercher des entreprises de toutes les tailles, les entreprises prometteuses, et on va mettre l’accent sur celles qui ont le potentiel pour aller sur les marchés extérieurs », a souligné M. Sabia, qui a d’ailleurs rappelé que 2015 marquerait le 50e anniversaire de la Caisse.
Et les déposants?
Interrogé quant à la réaction possible des déposants à l’égard de cette stratégie internationale, Michael Sabia a souligné que la majorité des clients seraient à l’aise avec des investissements « dans des pays et des projets bien choisis ».
« Il y a du travail à faire [pour communiquer], mais étant donné les grands changements dans l’économie, on comprend bien que, pour livrer la marchandise et répondre aux besoins des déposants, il faut faire des placements dans les pays où le niveau d’investissement est élevé. Les besoins des déposants guident nos actions et le mélange d’ambition et de rigueur constitue un moteur puissant pour atteindre les objectifs. »
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