Avec le retour de la saison des achats de Noël, les employés peuvent être tentés de dépenser plus que prévu, malgré l’augmentation du coût de la vie.

Selon un récent sondage réalisé par Deloitte Canada, les Canadiens prévoient de dépenser, en moyenne, 1 478 $ pour les fêtes de fin d’année, soit une hausse de 10 % — ou 131 $ — par rapport à 2023, mais toujours moins qu’en 2022 (1 520 $) et 2019 (1 706 $). L’enquête, menée auprès de plus de 1 000 Canadiens, a révélé que si la hausse du coût du logement (55 %) était la principale préoccupation financière des répondants, l’achat des cadeaux de Noël (35 %) l’emportait sur l’endettement par carte de crédit (31 %).

Les avantages sociaux tels que les conseils financiers et les programmes d’aide aux employés peuvent jouer un rôle dans le soutien financier des travailleurs à cette période de l’année, explique Cissy Pau, consultante principale à Clear HR Consulting. « J’ai vu des clients [employeurs] faire appel à des conseillers pour organiser des déjeuners et des ateliers et parler de l’épargne-retraite. Je pense que c’est utile, quelle que soit la période de l’année ».

Selon le Sondage Benefits Canada sur les soins de santé 2024, les finances personnelles (43 %) demeurent la principale source de stress des employés depuis 2018, année où la question a été posée pour la première fois. L’enquête souligne que cette source particulière de stress a augmenté de façon constante au cours des trois dernières années, passant de 35 pour cent en 2022.

Il est également important que les employeurs prennent en compte les finances des travailleurs lorsqu’ils planifient les activités de fin d’année, dit Mme Pau, notant que certains employés peuvent éprouver du ressentiment face à des réceptions somptueuses ou à des demandes de contribution financière, alors qu’ils sont confrontés à une augmentation des coûts de la nourriture et du logement.

Certains employés peuvent par exemple se dire : « Combien dépensent-ils pour cette fête de fin d’année ? Est-ce la meilleure façon d’utiliser les fonds ? Et si, au lieu de cela, ils donnaient cette somme aux employés sous la forme d’une prime ? »

Le mécontentement peut aussi être causé par des activités telles qu’un échange de cadeaux : « Je dois dépenser 20 $ pour une chose qui ne m’intéresse pas vraiment afin de pouvoir participer à cette activité qui ne m’intéresse pas vraiment ».

« Je pense que lorsque la situation financière est bonne, il n’y a pas de plaintes de ce genre. Mais lorsque l’employé n’a pas d’argent à dépenser et qu’il s’agit de 10 dollars par-ci et de 20 dollars par-là, cela s’accumule », indique la consultante.

Mme Pau note que la situation financière personnelle des employés n’est qu’un des éléments contribuant à l’augmentation du stress au travail en cette période de l’année. Outre les outils et les ressources tels que les PAE, il est important que les gestionnaires repèrent les premiers signes indiquant qu’un employé est en difficulté.

« Les fêtes de fin d’année peuvent être très éprouvantes pour beaucoup de gens, pour de nombreuses raisons. Il est certain que nous recevons de plus en plus d’appels au début de l’année pour signaler que les gens ont vraiment eu des difficultés pendant les vacances. Si vous remarquez que quelqu’un n’est pas dans son assiette, ne laissez pas passer l’occasion. Demandez-lui : “Ça va ? Tu n’as pas l’air d’être toi-même”, juste pour vous assurer que la personne sait que quelqu’un est attentif. »

Ce texte a initialement été publié par Benefits Canada