Le gouvernement fédéral a annoncé des améliorations temporaires au régime d’assurance-emploi, dans le contexte des droits de douane imposés par les États-Unis, qui risquent d’entraîner des licenciements au Canada.

L’annonce d’Emploi et Développement social Canada, faite vendredi soir après la réunion des premiers ministres fédéral et provinciaux, a été précisée samedi par voie de communiqué.

Les trois bonifications annoncées visent à permettre à un plus grand nombre de travailleurs de se qualifier pour recevoir des prestations d’assurance-emploi, et à les recevoir plus rapidement.

D’abord, il y a suppression du « délai de carence », c’est-à-dire de la première semaine d’attente pour recevoir des prestations, qui n’était pas payée. Cette mesure sera en vigueur pour une durée de six mois.

Ensuite, Ottawa suspend les règles de traitement des indemnités de licenciement, comme les indemnités de départ. Ainsi, celles-ci n’auront plus à être épuisées avant que le travailleur qui a perdu son emploi puisse commencer à recevoir des prestations d’assurance-emploi. Cette mesure sera en vigueur durant six mois.

Finalement, comme l’admissibilité aux prestations et leur durée sont calculées en fonction des taux de chômage régionaux, Ottawa va « augmenter artificiellement » ces taux de chômage d’un point de pourcentage dans toutes les régions. Cette mesure sera en vigueur pour une durée de trois mois.

« Cette mesure temporaire réduira le nombre d’heures requises pour être admissible aux prestations régulières à un maximum de 630 heures et augmentera le nombre de semaines d’admissibilité d’un maximum de quatre semaines supplémentaires », précise Emploi et Développement social Canada.

« Bien que la priorité du gouvernement soit de faire annuler ces droits de douane, aider les travailleurs canadiens en ces temps difficiles et incertains est tout aussi important », indique-t-on dans le communiqué du ministre Steven MacKinnon.

Bienvenu, mais tard

L’annonce réjouit le Conseil national des chômeurs et chômeuses, qui apporte toutefois quelques bémols.

« Ça arrive à point nommé. On en a vraiment besoin. Ça va rassurer les travailleurs. C’est vraiment des mesures qui sont les bienvenues », commente d’abord Milan Bernard, co-porte-parole de l’organisme.

« Toutefois, il y a des angles morts, parce que non seulement ça arrive un peu tard — bon, c’est correct ; on n’a pas attendu que le désastre arrive pour agir ; c’est bon. Toutefois, ces mesures-là sont temporaires ; elles sont limitées dans le temps et, aussi, ce sont des mesures partielles : il y a plusieurs éléments qui ont été laissés de côté », s’empresse-t-il d’ajouter.

Comme exemple de ce qu’il voit comme une lacune, il cite le cas des travailleurs saisonniers, dans l’industrie touristique, par exemple, qui ont un accès plus difficile à l’assurance-emploi.

Il déplore également le fait que ces bonifications aient été apportées la veille du déclenchement des élections fédérales, alors que les groupes de défense des droits des chômeurs réclament de telles améliorations depuis des années.